RINO

by Let Eat Be

10 mars, déjeuner

Soyons honnêtes, sur le papier, Rino a tout pour me séduire : un échappé d’une de mes tables préférées – la Gazzetta -, qui plus est Italien, dans un mouchoir de poche ( 20 couverts), et dans le quartier;


Alors que le dîner affiche deux menus en cinq et sept plats, l’ardoise du déjeuner se fait plus concise : entrée et dessert imposés et deux choix pour le plat.

Soupe de panais, poireaux, pissenlit & couteaux

Soupe de panais, poireaux, pissenlit & couteaux

Des maximales flirtant avec les négatives, et des chauffages œuvrant à grand peine : toutes les promesses de cette soupe aiguisent encore mon appétit. Mais déception, celle-ci déboule à peine tiède. Dommage car, épaisse, discrètement assaisonnée, elle laisse pleinement s’exprimer l’amer poireau, et la mache des couteaux. La chapelure apporte le croquant même si quelques grains de sable remplissaient déja cet office.

Poulet roti & 3C

Poulet roti & 3C

Le poulet et sa peau délicieusement croustillante, s’annonçait alors comme le rattrapage parfait, la bouffée de réconfort attendue, mais bis repetita, la volaille arrive tiède. Le camaieu de carottes emmené par le cresson enrobe le tout mais se fait voler la vedette par les câpres, aussi discrètes à l’œil que détonnantes en bouche.

Lieu jaune & 3C

Lieu jaune & 3C

Même accompagnement pour le lieu, mais l’on regrette le mulet de notre voisin qui devait certainement offrir plus de répondant face aux câpres.

Financier & poire

Financier & poire

Le dessert, lui est un grand écart gourmand : richesse extrême du financier, fraîcheur de la poire, et (apparente) légèreté de la crème fouettée très peu sucrée.

Je ressors donc partagé, interrogé par cette table où l’on sent affleurer une vraie patte, une énergie débordante, et une réelle sincérité, que ce premier déjeuner ne m’a malheureusement pas permis de fixer entièrement.

Mais peut être est-ce précisément le hic, cette expectation qui m’accompagnait; l’attente d’une émotion aussi vive que celle rencontrée en d’autres lieux, d’autres temps. Alors oui, l’adresse sent toujours la peinture fraîche, oui l’équipe cherche encore son rythme, mais il me tarde de revenir afin d’en découdre à nouveau avec la cuisine pleine de promesses de Giovani Passerini.

 

Rino 46 rue trousseau, 75011 Paris, +33 1 48 06 95 85
Au déjeuner, menus à 18 et 22€. Le soir, menu 5 (38€) et 7 plats (50€).