RINO
by Let Eat Be
Soyons honnêtes, sur le papier, Rino a tout pour me séduire : un échappé d’une de mes tables préférées – la Gazzetta -, qui plus est Italien, dans un mouchoir de poche ( 20 couverts), et dans le quartier;
Alors que le dîner affiche deux menus en cinq et sept plats, l’ardoise du déjeuner se fait plus concise : entrée et dessert imposés et deux choix pour le plat.
Des maximales flirtant avec les négatives, et des chauffages œuvrant à grand peine : toutes les promesses de cette soupe aiguisent encore mon appétit. Mais déception, celle-ci déboule à peine tiède. Dommage car, épaisse, discrètement assaisonnée, elle laisse pleinement s’exprimer l’amer poireau, et la mache des couteaux. La chapelure apporte le croquant même si quelques grains de sable remplissaient déja cet office.
Le poulet et sa peau délicieusement croustillante, s’annonçait alors comme le rattrapage parfait, la bouffée de réconfort attendue, mais bis repetita, la volaille arrive tiède. Le camaieu de carottes emmené par le cresson enrobe le tout mais se fait voler la vedette par les câpres, aussi discrètes à l’œil que détonnantes en bouche.
Même accompagnement pour le lieu, mais l’on regrette le mulet de notre voisin qui devait certainement offrir plus de répondant face aux câpres.
Le dessert, lui est un grand écart gourmand : richesse extrême du financier, fraîcheur de la poire, et (apparente) légèreté de la crème fouettée très peu sucrée.
Je ressors donc partagé, interrogé par cette table où l’on sent affleurer une vraie patte, une énergie débordante, et une réelle sincérité, que ce premier déjeuner ne m’a malheureusement pas permis de fixer entièrement.
Mais peut être est-ce précisément le hic, cette expectation qui m’accompagnait; l’attente d’une émotion aussi vive que celle rencontrée en d’autres lieux, d’autres temps. Alors oui, l’adresse sent toujours la peinture fraîche, oui l’équipe cherche encore son rythme, mais il me tarde de revenir afin d’en découdre à nouveau avec la cuisine pleine de promesses de Giovani Passerini.
Au déjeuner, menus à 18 et 22€. Le soir, menu 5 (38€) et 7 plats (50€).





Comments
J’ai déjeuné il y a peu chez Rino, et je partage votre sentiment; de petites imperfections et erreurs mais ce n’est qu’une question de temps avant que le chef ne trouve son rythme. Pour ma part Rino m’a rappelé le Spring de Daniel Rose à ses débuts
J’étais un peu tentée par cette nouvelle table, mais les retours ne m’engagent pas …
Ca m’énerve un peu cette mode de 5 ou 7 plats le soir (comme La Gazetta) ! Parce que le soir, je peux aussi avoir envie d’un plat et d’un dessert … J’aime avoir le choix … C’est un peu décalé, et légèrement prétentieux il me semble, pour des établissements dans lesquels on recherche avant tout l’excellence de la simplicité…
Rosemary,
effectivement 5 et 7 plats comme a la Gazzetta, et de memoire exactement aux memes prix.
Pour avoir discuté avec la personne en salle, il est possible, au déjeuner de préférer des plats de la carte à ceux de la formule, mais jamais la-dite carte ne nous a été présentée. Peut-être est-ce aussi possible le soir.
Et en plus on vous force un peu la main sur l’apéritif. C’est en tout cas ce qui nous est arrivé. Et je suis d’accord avec Rosemary sur le menu qui manque de souplesse.
Au déjeuner, nous n’avions pas pris d’apéritif, je crois même que l’on ne nous en a pas proposé.
Je pense y retourner afin de voir l’évolution