RACINES
by Let Eat Be
Fin octobre, extraits d’une petite douche écossaise entre amis :
« Racines…c’est fini ! »
« Comment ? Impossible ! »
« Si, Pierre Jancou a vendu sa caverne d’Alibabio la semaine dernière »
« Mais non, je viens de passer devant, et pour un resto fermé, il y avait beaucoup de clients ! »
« Aahh autant pour moi, Pierre a bel et bien vendu, mais Sven est toujours en cuisine…tout va bien. »
Voici donc quelques semaines qu’un déjeuner guettait. En entrant, on cherche ses repères :
Sven ? présent
La vieille Berkel ? Toujours aussi pimpante
Les belles quilles ? Au garde-à-vous
Pierre Jancou ? Présent !…comment ça, « présent » ? Oui présent…mais coté salle, atablé, en client.
L’ardoise, comme l’équipe, est toujours des plus affables.
À défaut de lardo di colonnatta, ce sera ce fier jambon, auquel la Berkel ne cesse de faire du gringue, si finement tranché que le maigre en est aussi evanescent que le gras…un soupir !
Le foie gras, parfaitement poélé, sous sa pellicule caramélisée, se révèle outrageusement fondant, les cœurs d’artichaut, se chargeant d’apporter amertume et croquant.
Suit alors une andouillette d’anthologie (meilleure que celle du Bistral ?), ferme mais absolument pas élastique, forte en goût mais élégante. Intestin, cœur, poumon, boyaux…tout y passe, une vraie visite guidée de la bête, le tout entouré de couenne panée, craquante à souhait.
L’agneau, par contre ne tiendra pas la distance. il arrivera mi rosé, mi « nettement trop cuit », dommage.
J’ai une aversion pour les accompagnements au mètre. Entendez par là le sempiternel gratin dauphinois, ou la poèlée de légumes, addossés indifféremment à votre rumsteak, au filet de lieu de votre voisine, et au lapin de monsieur. Mais aujourd’hui, Sven démonte ce ressentiment, tant sa purée aux herbes accompagnant nos deux plats fait l’unanimité.
Un St Nectaire, un comté (qui sans faire ombrage aux momuments millésimés de B. Antony, n’en demeure pas moins admirable), ainsi qu’une part de la toujours-aussi-délicieuse-tarte-au-chocolat-noir-amer cloturent ce déjeuner avec l’envie d’en découdre rapidement avec les St Jacques…fort appétissantes.
Rien à dire coté cave, tant l’on tient ici l’une des sélection les plus droites du quartier.
Compter ± 50€ pour E/P/D sans les vins






Comments
Ah décidément, il faut que j’aille chez Racines! Tout a l’air d’y être!
Et ces quelques lignes d’une élégante précision me le confirment, encore…
Sophie
Je pense que tu ne pourras qu’etre enchantée par la cuisine de Sven et les quilles narrées par Ewen !!