ASSAPORARE

by Let Eat Be

4 décembre, dîner

Il fait nuit, il fait froid, il pleut.
Derrière la baie vitrée drappée dans son étole de buée, la salle à manger gentiment moderne baignée de lumière nous attire immanquablement.

Assaporare

Assaporare

Ouvert en début d’année, Assaporare partage avec son voisin du Caffè dei Cioppi la passion du beau produit transalpin, mais aussi le goût pour des horaires peu usuels (Fermé samedi, dimanche, lundi soir et mardi soir pour le Caffè dei Cioppi, Assaporare ne propose de dîner que les jeudi et vendredi).

« Nous ne sommes pas ici dans un restaurant » aime à dire Giuseppe Lo Casale. Plutôt une épicerie où il concocte des « plats de pauvres », souvenirs directement débarqués du train de son enfance.

Une carte courte, de beaux produits, juste effleurés – ou pas -, à l’image de ces olives en provenance de Naples, comme tombées de l’arbre, insolentes de verdure, de mache, et de goût, puisqu’ayant echappé à la sempiternelle marinade, qui, trop souvent leur est fatale.

J. attaque par des carciofi farciti (petits artichauts farcis à la mie de pain, oignon…). Troussés de roquette, de parmigiano, de céléri, et servis tièdes, ils se révèlent parfaits en cette froide et humide soirée, me faisant presque regretter la burratina pugliese.

Carciofi farciti

Carciofi farciti

Presque, car cette dernière, mêlée à l’huile d’olive et aux tomates cerises, poivrée à souhait, est un régal de crémeux et de soyeux. À noter qu’une cuillère aurait éviter à la corbeille de pain de se trouver décimée en un temps record !

L’osso bucco, aux abonnés absents, J. opte pour des gnocchetti à la crème d’aubergines (sans crème !). Si la cuisson est parfaite, on peut regretter le manque de relief gustatif, que la générosité du service ne suffit pas à rattraper.

Gnocchetti

Gnocchetti

Ce qui est TRÈS loin d’être le cas de mes totano faresti : de gros tronçons de non moins gros calamars, gorgés d’une farce sucrée-salée mêlant raisins secs, mie de pain, menthe, coriandre, et que sais-je encore, secondés par une écrasée de patates douces et un coulis de tomates. Le calamar résiste ce qu’il faut, à mille lieux des morceaux de caoutchouc qui lui sont bien trop souvent substitués…un délice !

Totano faresti

Totano faresti

De la place pour un dessert ? Pas vraiment, mais la curiosité de déguster les préparations de Salvatore De Riso, présenté comme le Conticini de la région de Naples, est plus forte, et nous nous retrouvons à faire honneur, qui à un tiramsu au limoncello (ou plutôt un incroyable nuage citroné), qui à un peccato di gola (sablé noisettes, fondant chocolat, crème noisettes et glaçage aux marrons). La cuillère s’y aventure, dérape, la bouche s’emplit alors d’un mélange suave, onctueux, loin de la lourdeur escomptée, révélant même d’étonnantes touches mentholées.

Tiramisu limencello

Tiramisu limencello

Peccato di gola

Peccato di gola

Ayant attendu sa note une bonne quinzaine de minutes à la table voisine, F. Simon aura certainement, comme nous, trouvé le service un peu lent, manque oh combien comblé par la gentillesse des maîtres des lieux.

Assaporare 7 rue Saint-Nicolas, 75012 Paris, +33 1 44 67 75 77
Au déjeuner : entrée/plat/dessert : 26€. le soir, compter 30 à 35€. Pas mal de vins dans les 30€